La naissance de Bébé Bouille, celle qui m’a réconcilié avec la césarienne

J’ai très mal vécu la naissance de Piou dans le sens où juste après la césarienne on m’a présenté un bébé encore plein de sang enroulé dans une serviette dont je ne voyais que le front. Un bisou et puis vite en couveuse. Je n’ai revu mon bébé que plus de 3h après dans son berceau, dans son petit pyjama. Il me manquait une étape. Cette impression que je ne reconnaissais mon bébé.

Je n’ai pas eu de peau à peau, je n’ai pas croisé son 1er regard, je ne l’ai pas senti, je ne l’ai pas caressé … 9 ans après je pensais que j’avais digéré … Et puis pour Bébé Bouille j’ai souhaité refaire les cours de prepa pour me remettre dans le bain. Je trouvais ça sympa de partager ça avec d’autres mamans et pour le coup j’ai pu le partager avec ma meilleure amie.

Lors d’un cours, j’ai craqué et je ne l’ai pas vu venir. Je n’avais pas digéré, encaissé cette naissance. J’en ai beaucoup parlé avec la sage femme présente au cours. J’ai rédigé un projet de naissance avec mes souhaits et surtout ce que je ne voulais pas. (Je l’ai encore et si certaines souhaitent le voir je le partagerais avec vous..n’hésitez pas à me le dire) J’ai fais aussi une demande d’accès à mon dossier médical pour mieux comprendre certaines prises de décision. J’avais besoin de me sentir actrice de cette naissance même si elle risquait d’aboutir sur une césarienne.

Mon médecin n’a jamais été contre à tenter un AVAC (Accouchement par voie basse après césarienne) J’ai passé un scanner du bassin, Bébé tête en bas, tous les signaux étaient au vert. Je savais que c’était 50/50. J’avais juste une césarienne programmée le jour de mon terme car on ne déclenche pas sur une cicatrice de césa. Trop de risque de rupture et d’hémorragie pendant le travail ou l’accouchement.

Nous sommes dimanche, je suis fatiguée comme rarement je l’ai été pendant cette grossesse. La nuit est chaotique : aucune position ne me convient. Celle où je suis le mieux est assise en tailleur penchée en avant sur mon coussin d’allaitement. Je suis douloureuse mais je n’arrive pas à définir précisément où, quand, comment.

La journée se passe avec quelques contractions.

Je vais chercher Piou à l’école, je suis planquée dans ma voiture … encore en pyjama.

Nous rentrons et je me mets un peu sur l’ordinateur. A nouveau, quelques contractions qui deviennent régulières à 20 min à partir de 18h.

J’espère secrètement mais je n’y crois pas. J’envoie même un message à l’amoureux mais je suis certaine qu’il pense comme moi.

19h12
19h26
19H50
20h00
20h15
20h35
20h55
21h15
21h40
22h04

Pourtant, elles ne s’arrêtent pas …

Je dis à l’amoureux d’aller se coucher pour prendre des forces au cas où. Il a sa journée de boulot dans les pattes, il est KO. Je file au bain, je prends 2 spasfon et discute avec ma meilleure amie et des copines. On parle rapprochement des contractions, épilation ahah !!!

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Minuit je suis encore dans le bain tout fripée. Je me décide à sortir, l’eau est froide et le ballon d’eau chaude est vide. Dommage j’étais bien !

Je fais du ballon, ça m’aide bien à gérer la douleur. J’attends un petit peu puis réveille l’amoureux en lui annonçant que je pense que c’est le moment. Je lui dis de prendre son temps, il n’y a pas d’urgence.

Il se prépare et nous réveillons Piou tout doucement.

3H10 Une grosse contraction me bloque en appui contre la table du salon. Splashhhh !!! Je perds les eaux ! D’étonnement je pousse un cri (pour Piou c’est la sage femme qui l’avais percé en salle d’accouchement je ne savais pas donc pas la sensation que cela faisait). Piou prend peur et se fait tirer au cœur. Je la rassure mais la pauvre, le réveil est brutal pour elle. C’est l’inondation dès que je bouge, j’arrive à rigoler entre 2 contractions : comment on va faire ? Je vais bousiller la voiture ! L’amoureux lui ne rigole pas, il flippe que j’accouche dans le salon, il me presse ! On dépose Piou chez la voisine comme nous avions prévu.

Et en voiture en Simone !

Je ne douille pas encore assez, sur la route je prends le tableau de bord de la voiture en photo pour immortaliser l’instant !

Sur la route, quelques contractions me coupent quand même bien le souffle. L’amoureux a chaque rond point me demande si c’est bon ou s’il faut qu’il ralentisse. Quand j’y repense c’était comique !

Nous arrivons à la maternité et je vois la silhouette de la sage femme derrière la baie vitrée qui nous attend nous, et un autre couple.

Nous arrivons toutes les 2 en même temps, 2 petits culbutos.

Elle l’examine en 1er je comprendrais plus tard pourquoi.

Nous voilà installés, la sage femme est toute jeune, dynamique et souriante. Le courant passe super bien. On plaisante entre chaque contraction. Très vite, elle me demande si je veux la péridurale, oui bien sûr bien qu’avec l’expérience que j’en ai, j’ai des doutes sur son efficacité.

La sage femme s’absente car … la femme qui est arrivée en même temps que moi est sur le point d’accoucher. Quoi déjà ??? J’apprendrais par la suite que c’est son 11ème enfant.

L’anesthésiste entre avec sa collègue (infirmière je présume) il est pète sec, lui parle un peu comme un chien. Mais je fais abstraction, j’essaie de me déconnecter de mon corps, de ne pas paniquer, de me détendre. Et cette fois, je ne ressens juste une pression très forte dans le dos. Il part et puis enfin le bonheur je ne sens plus rien ! 1ère fois que je ressens ce bonheur d’être soulagée. Je trouve cela chouette, je suis détendue.

Mais … du coté de Bébé ça se gâte. Elle supporte très mal les contractions. La sage femme me dit de ne pas regarder le monito et de respirer très fort et longuement. Mais je ne peux pas on commence à paniquer. J’ai l’écran en face de moi (ou plutôt je me contorsionne pour suivre le tracé) et je vois bien que son petite cœur chute de plus en plus. La décision de partir en césa se fait très vite.

Je suis dans le bloc, on me prépare. Je me souviens de la sensation d’avoir reçu des litres et des litres de bétadine sur le ventre vite, très vite. L’infirmière me caresse la joue, en me disant Je suis là, je suis là. Je me souviens lui avoir répondu : Je n’ai rien contre vous mais je veux mon mari. C’est anesthésiste qui ne voulait pas mais à force d’insister, il est arrivé in extremis. Je me souviens aussi de lui avoir dis parle, parle moi je ne veux pas entendre le bruit des instruments.

L’opération commence et c’est clairement une horreur, à nouveau je ressens tout mais 10 fois pire que pour Piou. Une infirmière me tient le bras de chaque coté et une autre a la main sur ma bouche pour étouffer mes cris. Je ne saurais vous expliquer quelle sensation cela peut faire mais je ressens tout c’est atroce. Je me dis qu’avec le recul l’amoureux a ces images là en tête aussi à vie. Le gynéco me dit qu’il n’a pas le choix que Poupette ne va pas bien, qu’il doit aller la chercher. Je me dis aussi qu’il aurait pu m’endormir dans l’urgence et finalement je suis contente qu’il ne l’ai pas fait. Je suis là mal en point mais je suis là !

On entend le petit bruit de l’aspiration, elle est là ! Je ne m’en souviens pas mais l’amoureux me dit tu n’as pas arrêté de leur demander elle va bien ? je ne l’entends pas ? Elle ne pleure pas ?

Et là grosses larmes de crocodiles pour moi ! Elle est là !

Je ne sais pas sa profession, si c’est une auxiliaire de puériculture, une infirmière, une sage femme mais je ne remercierais jamais assez la personne qui nous a présenté notre Bébé. Elle m’a posé Bébé Bouille sur ma gauche, pour que nous pussions voir son visage, lui parler. Elle a ensuite posé sa petite joue contre la mienne. Je me souviens encore de cette sensation inouïe, elle était encore toute mouillée, toute douce (bon je couine en écrivant cela) mais quel instant magique pour nous.

La douleur a interrompu ce moment de bonheur. Je présume à ce moment ci que le gynéco était parti à la chasse au placenta. Et a nouveau, je me souviens des mots de cette personne. Chut votre bébé est là, concentrez vous sur elle. Ne pensez qu’à elle. Ces mots là m’ont apaisé aussi malgré la douleur physique toujours présente.

Je me souviens m’être excusée auprès du gynéco et de son assistante (?) pour mes cris. Je ne pouvais pas les contrôler mais je me sentais honteuse à la fois.

Bébé Bouille est parti avec son Papa pour les 1ers soins je n’y étais pas mais Papa a assuré avec plein de photos. J’ai une photo toute fraîche ou elle est encore reliée à son long cordon … Ce n’est rien mais cette photo est tellement précieuse pour moi.

Passage en salle de réveil où j’ai fais des pieds et des mains pour refaire bouger mes jambes au plus vite. Je voulais rejoindre mon Bébé, c’est long 2h quand tout semble aller bien pour nous.

Encore un autre merci pour le brancardier qui est venu me chercher pour me ramener en maternité. Je ne sais pas ce qui m’a pris à ce moment là mais je lui ai demandé s’il savait où était mon Bébé. Et lui adorable m’a répondu Je vais me renseigner. Il a arrêté le brancard devant une porte. Étant donné ma position dans le lit, mon champ de vision était réduit mais la porte s’est ouverte avec mon amoureux et une dame qui avait un petit quelque chose avec un bonnet dans les bras. Elle me l’a mise nue contre moi. Nous avons commencé notre peau à peau là dans le couloir. Les larmes étaient reparties de plus belle mon chaton, mon bébé, mon poussin, … à ce moment précis je crois lui avoir donné tous les surnoms du monde. J’ai remercié le brancardier qui n’était pas obligé de le faire mais là encore ce geste ci je ne l’oublierais pas.

Retour en chambre où nous avons eu notre 1ère tétée  en amoureuses

Moment une fois de plus que l’amoureux a immortalisé !

Je suis retombée amoureuse de mon amoureux, je me suis réconciliée avec la césarienne

Notre Bébé Bouille après 5 ans de combat nous a rejoint et depuis nous transpirons d’amour pour elle

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